Entre animation et agroforesterie

Benin2014-ClaireClaire a connu le Centre Damien par Réseau Picpus, dont elle a rejoint le choeur gospel en 2012. Elle s’apprête à partir à Cotonou en août prochain pour trois semaines d’animation et s’investit également au sein de notre association pour le volet agroforesterie du projet. Interview. 

Claire, qu’est-ce qui t’a incitée à rejoindre le projet du Centre Damien ?

Ce que j’aime dans ce projet, c’est qu’il est très vaste, pluri-thématique, pluri-disciplinaire, tout le monde peut s’y retrouver. C’est un projet basé sur les besoins du pays, qui cherche à travailler avec les gens sur place. Le fait qu’il s’inscrive dans le long terme et que l’on cherche des moyens pour le pérenniser me paraît particulièrement intéressant. C’est aussi un beau projet pour les enfants.

Tu fais partie de l’équipe qui se rendra au Bénin cet été. Comment se passe la préparation du séjour ?

Depuis le mois de janvier, nous nous retrouvons régulièrement pour préparer nos activités sur place et monter ensemble des projets afin de trouver des financements pour la construction du Centre Damien. La vie de groupe prend forme et je pense que de bons moments s’annoncent à nous ! La préparation est vraiment l’occasion d’apprendre à nous connaître.

Quel est le thème d’animation choisi cette année ?

« Raconte-moi ton pays »… Nous voulions partir sur quelque chose lié à l’environnement. Le thème vise donc à faire prendre conscience aux enfants de ce qui les entoure. Nous avons tous tendance à oublier la beauté des choses lorsque l’on est plongé dans notre environnement et notre quotidien. A travers les activités, nous voulons amener les enfants à poser un regard sur ce qui les entourent, qu’ils redécouvrent leur quartier, leur montrer que c’est important de le protéger, le valoriser et de l’entretenir. Nos activités resteront bien sûr ludiques, avec des improvisations, des expériences scientifiques, des activités manuelles, un défi photos…

Qu’attends-tu de la rencontre avec l’équipe béninoise ?

J’ai eu l’occasion d’effectuer un séjour de plusieurs mois en Inde. L’échange avec les gens sur place était merveilleux. J’aimerai pouvoir renouveler cette expérience au Bénin. Aussi, j’attends du dialogue et beaucoup d’échanges. Il est certain que nous devrons retraduire ensemble ce que nous avons imaginé au niveau de l’animation, de telle sorte qu’ils puissent s’y impliquer. Ce temps de reconstruction des activités promet d’être intéressant !

Tu t’investis également dans l’association Centre Damien sur la partie agroforesterie du projet. De quoi s’agit-il ?

En effet, c’était l’occasion pour moi d’une part d’apporter mes connaissances et compétences, d’autre part d’aller plus loin en travaillant sur la pérennisation du projet.

L’agroforesterie est une forme d’agriculture qui propose, sur une même parcelle, de faire à la fois des cultures basses (tomates, céréales, etc.) et des plantations d’arbres (manguiers par exemple). Cette technique est intéressante parce qu’elle permet d’optimiser toutes les ressources sur la parcelle. Les plantes se protègent les unes les autres : cela réduit les risques de maladies, augmente l’accessibilité aux éléments nutritifs, et, au niveau économique, permet de diversifier les cultures. Nous avons commencé à rédiger un projet pour trouver des financements. Cet été, nous devrions pouvoir planter les premières cultures…

Et le mot de la fin… Que représente pour toi Saint Damien ?

Je suis très touchée par l’oeuvre de reconstruction qu’a menée Saint Damien, et qui rejoint une des dimensions de notre projet. En arrivant sur l’île de Molokaï, Saint Damien, qui était belge, était complètement étranger à son environnement. Il lui a fallu découvrir un nouveau pays, sentir les besoins, s’intégrer dans la culture pour proposer des solutions adaptées. Il a su redonner de la vie, du courage et de l’espérance aux lépreux. Et Saint Damien n’a pas fait tout fait lui même : il a mis au travail les gens. Cela rejoint notre démarche : rencontrer les enfants et animateurs là où ils en sont aujourd’hui, construire quelque chose avec eux, avec nos différences culturelles, pour les mener vers leur vie d’adulte. Il y a un réel souci de tout faire pour que les Béninois soient partisans du projet.

Les commentaires sont désactivés.