Des dons pour la bibliothèque

« Je crois que la vie a besoin des livres, dit Esther, je crois que la vie ne suffit pas. » (Grâce et dénuement, Alice Ferney)

L’association Centre Damien de Molokaï lance un appel aux dons pour la construction de sa bibliothèque. Après les premiers bâtiments indispensables pour envisager sereinement la suite, la bibliothèque sera donc le premier ouvrage dédié à l’accueil des enfants. Une étape cruciale, fondatrice pour la Cité Damien !

La bibliothèque, c’est…

→ 50 enfants par jour, suivis dans le cadre d’un accompagnement scolaire personnalisé
 1 000 enfants par an, qui pourront se plonger dans des aventures mystérieuses dans le cadre de colonies de vacances ou classes de nature
→ 5 000 livres
→ Un bâtiment sur 1 étage de 50 m sur 10 m
→ Une charpente en bois avec tuiles
→ Un gros oeuvre de 150 000 € (hors aménagement et équipement).
→ Un démarrage des travaux prévu en juillet 2016

Des partenaires : 

  • Le fonds ISSA du groupe Sogea Satom ;
  • Missio Luxembourg ;
  • Le groupe Cimbénin par un don de plusieurs tonnes de ciment ;
  • La Fondation M6, qui nous offre cinq presses-à-briques grâce au prix « Fabrique ta brique » que nous avons gagné ;
  • Le groupement paroissial de Saint-Rémy-Lès-Chevreuse ;
  • Réseau Picpus, à travers les concerts de son Chœur Gospel Pic’Pulse donnés en mai 2016.

Mais cela ne suffit pas !

COMMENT NOUS AIDER ?RP_Benin2014_ES_155

En contribuant par un don ! Plusieurs options :

  • En ligne : par paiement électronique sécurisé (via la plateforme HelloAsso).
    CDM-Site-don-en-ligne
  • Par chèque : à l’ordre de « Centre Damien de Molokaï », à envoyer à :
    Association Centre Damien de Molokaï
    209 avenue Daumesnil
    75012 Paris
  • Par virement : il peut être effectué en ligne aussi bien qu’au guichet, en France ou au Bénin.
    • En France :
      IBAN : FR76 3000 3035 9000 0506 1139 252.
    • Au Bénin :
      IBAN : BJ 104 01001 0325 799 230 01 – 83 –
      SWIFT : SOGEBJBJ

Quel que soit le moyen de règlement utilisé, vos dons sont déductibles de vos impôts à hauteur de 66 % du montant de votre don dans la limite de 20 % de votre revenu imposable. Ainsi pour un don de 100 €, vous ne débourserez que 34 €.

Merci par avance pour votre soutien. Vous pouvez suivre l’avancement des travaux via notre rubrique « Jour après jour ».

Pourquoi une bibliothèque ?

RP_Benin2014_DB_12aout_31Nous sommes convaincus que la lecture est un moyen déterminant pour apprendre (l’orthographe, les mots, la grammaire, etc.) et pour découvrir le monde qui nous entoure. Nos années d’expérience auprès d’enfants nous ont montré que l’accès à la lecture est très limité au Bénin. Pourtant, dès que l’on met en place les conditions nécessaires (lecture à voix haute, jeux autour des mots, prêts de livres), les jeunes de tous âges nous expriment leur joie d’avoir accès à cet univers.

 

 

Les volontaires partis dans le cadre de Réseau Picpus nous le confirment :
« La première semaine était consacrée à faire découvrir aux enfants le principe et les règles d’utilisation d’une bibliothèque ainsi que les différents livres s’y trouvant. Des petits jeux de mots à partir du dictionnaire étaient réalisés avant de laisser aux élèves le temps de lire librement, chose à laquelle ils s’adonnaient avec un grand plaisir. Les enfants étaieRP_Benin2014_DB_20aout_12nt émerveillés et curieux devant tous ces livres, venaient poser des questions et étaient fiers d’expliquer qu’ils avaient déjà vu tel animal, qu’ils connaissaient tel personnage… Certains changeaient de livre toutes les cinq minutes tandis que d’autres restaient plongés dans un seul. Ceux qui n’avaient pas eu le temps de finir essayaient de revenir à divers moments de la journée. (…) Je suis contente de m’être occupée de la bibliothèque : la joie des enfants, leur curiosité, leur simplicité m’ont émerveillée. Ce fut une bonne expérience qui m’a enrichie humainement ! » (Aliette, groupe Bénin 2015)

La bibliothèque sera située à l’entrée du Centre Damien, visible immédiatement. Elle sera construite sur deux étages, avec au rez-de-chaussée une ludothèque, un cyber et des salles polyvalentes pour l’organisation d’activités diverses et à l’étage la bibliothèque, espace à la fois de travail et de détente. La salle de lecture donnera sur une grande terrasse extérieure ; tandis que le bâtiment se situera dans un jardin.

La bibliothèque sera un lieu pivot au Centre Damien, enfants comme adultes pourront y accéder facilement, avec un accompagnement pour que chacun y trouve son bonheur dans le respect de tous.

Une action directe qui souhaite perdurer

Visite du Centre Saint Damien. Patrick Levaye nous livre ses impressions à sa découverte du Centre Damien, dont il avait déjà tant entendu parler…

 

DSCN2978C’est à l’invitation du père Serge et de Domitille que nous avons visité le centre Saint-Damien. Nous étions un groupe franco-luxembourgeois de cinq personnes : Mariette mon épouse et aussi responsable des oeuvres pontificales missionnaires pour le Grand-duché du Luxembourg (Missio Luxembourg), Gregory Turpin, Cécile Mouré et Pierre Chausse.

J’avais entendu parler du centre depuis quelques années déjà et eu l’occasion de visionner un film sur les premiers travaux de terrassement et de clôture. Et tout à coup voilà le centre sous nos yeux.

Dans cette campagne de Calavi, à quelques kilomètres au nord de Cotonou, il y a beaucoup de sérénité. Le centre est près d’un village mais bien séparé. Ses 5 hectares clos constituent un ilot de sérénité où déjà toutes les potentialités du site sont visibles.

IMG_4367-webNé d’une intuition du père Serge pour venir en aide aux enfants de la rue et grâce aux jeunes de Réseau Picpus à ses débuts, puis ceux de l’association Centre Damien qui se sont engagés pendant des années en faveur du projet, le centre commence à prendre forme.

DSCN3099Passé le portail, une paillotte nous accueille bordée de quelques arbres de teck, des arbres et fleurs….  Puis l’on découvre aussitôt le bâtiment administratif et d’hébergement, portant le nom « Tremelo » avec un patio bien agréable par la chaleur qui nous assaille (35 degrés). Une envie de farniente nous prend en même temps que d’une boisson bien fraîche. Nous sommes impressionnés par ce havre de paix et nous sentons bien que ce lieu a une vocation toute spéciale et unique.

IMG_4337-webDomitille, directrice du centre, a désormais le moyen de gérer sur place les opérations et peut même dormir sur place si elle  le souhaite puisque le centre est gardé. Elle fait d’ailleurs construire activement une maison en dur pour le gardien. Nous avons appris à connaître Domitille comme chef de projet toujours au taquet et non dénuée d’humour.

Sont aussi prévus, un terrain de foot, une aire de jeu, une bibliothèque et un peu à l’écart, pour plus de sérénité, une chapelle. La machine à briques n’a plus qu’à bien utiliser la terre du pays. Les ouvriers se donnent à plein pendant la saison sèche.

Cela fait vraiment plaisir de voir l’utilisation concrète des fonds venus d’Europe (association Saint-Damien et Mission Luxembourg notamment) et nous pourrons informer les donateurs qui auront ainsi à cœur de continuer leur action de soutien.

DSCN2963Le P. Serge fait planter à chacun de nous un arbre fruitier, symbole fort pour nous de rester en communion avec le centre, avant de repartir (pamplemoussier, tangelo, citronnier ou oranger). Ainsi nous participons aussi à la démarche du centre pour assurer à l’avenir son autofinancement.

Que notre vie stressante de parisien ou de luxembourgeois est loin. L’envie nous prend de rester au centre. Il y aurait bien du travail pour nous. Mais ce qui nous fait surtout chaud au cœur c’est de voir une action directe en faveur des plus démunis qui souhaite perdurer en comptant sur ses propres ressources.

Merci père Serge et merci Domitille pour votre enthousiasme communicatif, pour votre persévérance et pour votre créativité. Par vous le Seigneur est à l’œuvre et les populations qui entourent le centre Saint-Damien savent déjà quel avenir celui-ci aidera à préparer pour leurs jeunes.

Patrick Levaye

 

 

 

 

 

 

Un air d’élections…

Dimanche 6 mars 2016 : élections présidentielles au Bénin. Si la circulation est un peu plus importante qu’un dimanche habituel, les rues sont calmes. Les panneaux de campagne des candidats qui avaient littéralement envahi le pays depuis plusieurs semaines ont tous été retirés. Plus de débats dans les média. Plus de géants meeting. Plus de cortèges qui bloquent la circulation à coup de musique et de distribution de tracts. Les Béninois sont prêts à voter pour leur candidat et ne manqueront certainement pas cette occasion de s’exprimer. Ici, chacun se sent concerné. « Nous allons voter la rupture », me dit un vendeur d’un supermarché. « Et c’est qui la rupture ? » « Ah… Pascal, Talon…. En tous cas, certainement pas quelqu’un qui ne nous connaît pas et ne connaît rien au pays… » Sous-entendu, pas Lionel Zinsou.

Trente-trois personnes se sont portées candidates à l’élection présidentielle. Mais quatre se sont rendus de façon concrète plus visibles : Lionel Zinsou, Pascal Koupaki, Sébastien Ajavon et Patrice Talon. Tous représentent des réussites et des parcours très différents. Doit-on y voir le signe d’un Bénin qui se cherche ?

DSCN2798Lionel Zinsou tout d’abord, dit le « Yovo », « le blanc », ce qui veut tout dire de ce qu’il représente ici, en tous cas à Cotonou… A travers une belle campagne de communication, son slogan, « Le Bénin gagnant », se décline en plusieurs options : « plus de crédits », « plus de gouvernance », «  plus de revenus »,  «  plus de solidarité », etc. A Cotonou, ses affiches se retrouvent dans les lieux stratégiques, mais aussi particulièrement dans le quartier des affaires, des ambassades, des grandes institutions… Un électorat qu’il sait pouvoir être sensible à ses arguments. Lorsque l’on sort de la ville, la fibre sentimentale prend le dessus : « L’amour du Bénin »…

Lionel Zinsou semble être surtout le candidat des Béninois de l’extérieur : il représente la crédibilité sur la scène internationale, la compétence sur les questions économiques, l’ouverture possible vers une bonne gouvernance puisque hors de tout clan… Il n’est par contre certainement pas le candidat de la majorité des Béninois dans la région de Cotonou. Deux critiques fermes sont exprimées à son égard. Tout d’abord, il n’a jamais vécu au Bénin et il ne parle aucune langue locale. Bref, « il n’est pas des nôtres », « il ne connaît pas les réalités du Bénin, comment pourrait-il gouverner le pays ? » D’autre part, il est arrivé, premier ministre au Bénin, il y a un an, dans le gouvernement de Yayi Boni… Yayi Boni, président sortant, que chacun souhaite voir partir au plus vite…. Comment donc accepter ce candidat porté par un président qui a déçu et comme parachuté dans son gouvernement ? Derrière, il est certain que Lionel Zinsou représente tout ce que la classe moyenne béninoise ne souhaite pas voir arriver : un pays qui serait alors, selon elle, gouverné par la France… Nul doute pour elle que s’il est élu, ce sera parce que les élections ont été truquées. Lionel Zinsou a cependant fait alliance avec plusieurs partis. Un charpentier nous disait prévoir voter pour Zinsou parce que Adrien Houngbédji (PRD, Porto Novo) avait appelé à voter pour lui. Alors, qui sait.

DSCN2793Pascal Koupaki, lui, à travers également une campagne de communication bien menée, apparaît comme le technocrate, s’appuyant sur son expérience à la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Il a occupé les postes de Ministre des finances, puis de premier ministre entre 2011 et 2013. Il donne le sentiment et l’image d’un homme capable de diriger le pays, et semble, à vrai dire, réunir pas mal d’adhésions. Plus discret, il axe sa campagne sur les enfants de demain : « Prenons soin des citoyens de demain », « nos enfants, notre priorité », « Bâtir ensemble le Bénin nouveau ».

Par ailleurs, sans aucun parcours politique ou expérience dans le domaine, deux autres candidats, tous deux milliardaires, se sont présentés à l’élection, mettant leur fortune au service de leur campagne… Entendre : mettant les moyens nécessaires au service de leurs ambitions. Aucune règle n’existe au Bénin pour poser des limites qui rendraient la campagne plus égalitaire, voire plus déontologique. Peut-être cela sera-t-il un fruit de ces élections pour l’avenir ?

DSCN2842Sébastien Ajavon, dit « Seba » ! Son affiche arbore sa photo, parfois en tenue traditionnelle (comprendre, « je suis des vôtres »), parfois en costume-cravate, façon décontractée (mais les affiches sont beaucoup moins nombreuses) avec deux logos : une bougie, signe de son sens de la spiritualité, et un poisson, pour signifier la petite poissonnerie de se parents et son parcours. Etendant l’activité familiale, il est devenu le « roi du poulet », notamment congelé et importé de France. D’où son slogan : « Réussissons tous ensemble ». « Je suis parti de rien, je suis maintenant le patron des patrons au Bénin et l’une des plus grosses fortunes d’Afrique subsaharienne. Bref, j’ai réussi ; avec moi, vous deviendrez vous aussi riche… » L’argent comme but ultime de réussite.

DSCN2816Optant pour « un nouveau départ », Patrice Talon, milliardaire également, se présente comme le candidat de la rupture. Rupture avec la politique de Yayi Boni, dont il avait soutenu la candidature en 2006, mais avec lequel il a eu quelques démêlés au cours de son mandat, l’obligeant à quitter le pays durant trois ans, lui faisant perdre ses parts dans l’industrie du coton où il avait fait fortune. Quelle part de revanche s’exprime donc à travers cette candidature ? Tout comme Ajavon, il cherche quoi qu’il en soit à projeter l’image d’un homme qui s’est fait tout seul et veut faire profiter de son expérience au pays entier.

A noter également un autre candidat, moins présent dans le Sud, mais peut-être plus dans le Nord, et qui a aussi ses chances : Adboulaye Bio Tchané, dit « ABT ». Il se présente pour la seconde fois aux élections présidentielles, et était arrivé en troisième position aux dernières élections.

Place de l'étoile rouge

Place de l’étoile rouge

L’argent a été au cœur de la campagne présidentielle. On imagine les fortunes dépensées pour obtenir des affichages grandeur nature au carrefour « Toyota » ou sur la place de l’étoile rouge, carrefours qu’aucun Béninois ne peut éviter. On retrouve aussi des affiches de certains candidats, notamment Sébastien Adjavon, jusque dans les villages reculés. On sait aussi que des t-shirt et de l’argent ont été distribués aux foules pour remplir les meetings, inciter à mettre une affiche sur une voiture ou la porte d’une maison… Nombre d’émissions de radio ont critiqué cette pratique, espérant que ces méthodes n’influeront pas sur le bon sens des Béninois. Difficile cependant d’évaluer leurs influences sur des électeurs qui ne savent pas toujours lire et auxquels les moyens d’un discernement ne sont pas toujours offerts.

Aujourd’hui, la réussite des élections peut être compromise par la question des cartes d’électeurs. Bon nombre de Béninois n’ont à ce jour toujours pas reçu leur carte. Hier soir, il a été annoncé que ceux-ci pourraient alors voter avec leur précédente carte. Or cela avait été refusé quelques semaines auparavant, notamment pour éviter les risques de fraude. Ce que l’on souhaite avant tout c’est que les élections se déroulent dans le calme et que la paix subsiste. Un prêtre me disait hier que le Béninois est peureux. Si la situation devait dégénérer, il y aura toujours des voix fortes pour appeler au calme et à la paix. Il faut reconnaître que c’est l’une des chances du Bénin. Souhaitons que la paix y subsiste encore et toujours. Et souhaitons que le futur président soit à la hauteur des enjeux du Bénin.

Domitille Blavot

Samedi 20 février 2016

Et 6 nouveaux poussins aujourd’hui !

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Un début d’atelier en place…

avec la trousse indispensable pour le quotidien !

On commence également à entretenir les arbres sur le second espace : opération lauriers ce samedi.

Et quelques photos à la tombée du soleil…

Nouvelles de février 2016

De retour au Centre Damien après trois semaines d’absence, je retrouve les lieux en bonne forme ! Un vrai bonheur !

Un rond-point, avec un sapin et une statue de Saint Damien à venir, accueille désormais les visiteurs. Il ouvre, tout droit, vers le second espace…

Les papayers produisent en quantité, tandis qu’orangers, bananiers et autres arbres fruitiers continuent leur chemin…

L’allée de saules pleureurs, à gauche, et de manguiers, à droite, s’étoffe.


Un garage est en voie de finition à gauche de la maison Tremelo. Reste à poser la charpente et la toiture en paille.

Et enfin, une première portée de trois poussins a vu le jour !

Prochaine étape : préparer les nouveaux travaux, soit la construction de la bibliothèque, la construction d’une maison pour le gardien et sa famille et la construction d’un grand magasin pour entreposer notre matériel.

D’autres chantiers parallèles sont à lancer : l’accueil de volontaires compétents dans la gestion de l’eau (pour la mise en place d’un système d’irrigation adapté à nos besoins à venir) et dans la gestion des déchets (pour anticiper cette question parfois insoluble au Bénin) ! Il s’agit aussi de lancer une recherche de financement au niveau local, notamment auprès des entrepreneurs. Au Centre Damien même, quelques petites séances de rangement et bricolage permettront d’organiser les lieux…

A suivre,

Domitille, directrice du Centre Damien

Votre fidélité compte !

Nous entamons la huitième année du Centre Damien. Quelle aventure ! Elle s’annonce pleine d’avancées : pose de panneaux solaires, finition de la clôture de nos trois hectares restants, réalisation et aménagement des aires de jeux (terrains multi-sport et de foot) début 2016, et lancement de plusieurs constructions, selon les fonds à disposition, pendant l’année.

A cela s’ajoute ma présence désormais permanente sur place depuis septembre, en tant que directrice du Centre Damien. La création de ce poste est une option posée par l’association pour suivre et accompagner le projet au quotidien.

« Nous soutenons la construction du centre Damien de Molokai au Bénin depuis 2009. Ce projet nous a plu par l’originalité de son objectif ainsi que son inscription dans une durée : ce n’était pas le projet d’un été ! Tout en étant très concret et réaliste, il est ambitieux et mené par des personnes de confiance.  Puisque le projet s’inscrit dans la durée, il nous a semblé naturel d’inscrire aussi notre engagement de soutien dans cette durée, en manifestant ainsi une attitude qui prend ses distances avec l’agitation ambiante. » Paul et Catherine C.

CDM_2015_Aout_Enfants_-30Tous les jours, je fais le tour du Centre Damien. Inspectant chaque arbre, guettant les nouvelles feuilles et leurs fruits ; contrôlant également l’avancement des travaux. Je reçois des personnes extérieures, telle cette responsable de France Volontaires, impressionnée par le lieu et enthousiasmée par le projet. Je croise les enfants qui partent ou reviennent de l’école, faisant plusieurs kilomètres à pied. Il suffit d’un « Domitille, Domitille ! » lancé au loin par un enfant doté, sans aucun doute, d’un radar, pour que d’autres enchaînent machinalement !

« Nous aimons beaucoup les enfants et croyons qu’ils sont l’avenir. Le centre Damien de Molokaï apparait comme un espoir de vie pour des enfants démunis et livrés à eux mêmes.  Le professionnalisme avec lequel ce projet est conduit sous la direction du père Serge Gougbémon  et avec l’aide de jeunes motivés et généreux nous encourage à renouveler chaque année nos dons. » Henri et Valentine

Les enfants… Leur joie ne s’éteint jamais ! Quelle joie, par exemple, pour eux de me voir tout simplement prendre de l’essence devant l’école. Ils s’alignent, accroupis, et observent la transaction, commentant la scène à voix basse… Chaque jour, notre engagement prend sens au travers de ceux pour qui nous dépensons notre énergie.

« J’ai soutenu ce projet dès le début et je continuerai à le faire par sympathie et attachement pour un pays, le Bénin , qui a des institutions démocratiques et un potentiel économique non négligeable, d’autre part en raison des qualités humaines et intellectuelles de l’équipe qui conduit le projet.  » Jean B.

En cette période traditionnelle de campagne de dons, nous voudrions faire appel à votre fidélité. Sans la contribution généreuse de centaines de donateurs depuis 8 ans, nous n’aurions pas eu l’espérance d’aboutir à ce lieu qu’est le Centre Damien. Mais, sans votre fidélité, renouvelée chaque année, nous n’aurons pas les moyens de construire le Centre Damien.

Peut-être avez-vous été touchés par les retours de ceux qui, heureux, ont fait l’expérience d’un séjour au Bénin. Peut-être avez-vous vous-mêmes fait une expérience de ce type par le passé qui vous rappelle les fruits d’une telle coopération. Peut-être êtes-vous sensibles à la cause des enfants et la question de l’accès à la culture. Ou encore, à l’action de bénévoles qui croient en ce projet et se donnent pour qu’il aboutisse.

Nombreuses sont les raisons qui vous ont poussés à donner une première fois, et qui peuvent vous inviter à renouveler votre geste chaque année.

« Nous avons découvert le projet Damien lors d’un concert Pic’Pulse, vecteur incroyable d’énergie positive autour du père Serge et de tous ces jeunes. Nous avons été séduits par la thématique de ce projet concret entièrement tourné autour de l’enfance, par le biais de l’éducation et de la culture, notions tellement essentielles pour l’humanité. Et ce projet est porté par une équipe jeune présente et visible avec cette même énergie positive qui communique avec simplicité et enthousiasme. Nous renouvelons notre don car ce type de projet ne peut être efficace que dans la durée. Continuez à y croire et nous y croirons aussi ! » Anne-Caroline et Jean-Patrick T.
CDM_2015_Aout_Enfants_108Votre fidélité compte !
Elle peut se manifester par un don annuel ou par un virement mensuel automatique de votre choix. Quoi qu’il en soit, ici, au Bénin, votre geste a du sens.
Domitille,
directrice du Centre Damien

Mission électricité

Tout commence dans une salle de danse, alors qu’une amie du Centre Damien discute dans les vestiaires avec une personne de son cours qui s’avère travailler à la Fondation EDF. Tilt ! « Je connais un projet au Bénin qui cherche à avoir l’électricité. La Fondation peut faire quelque chose ?  » Amélie m’appelle à la sortie de son cours : « Il te faut envoyer un dossier pour demain matin, car une équipe de la Fondation va partir dans quelques jours pour des missions exploratoires. On ne sait jamais, ça peut marcher ». Qu’à cela ne tienne, le lendemain, 7 h, le dossier est envoyé…

Résultat : après moult péripéties et un an et demi de contact et d’échanges, une équipe de l’association Energies sans Frontières, soutenue donc par la Fondation EDF, est arrivée ce vendredi 20 novembre 2015 au Bénin ! Objectif : installer des panneaux solaires qui permettront de faire fonctionner la pompe du château d’eau et d’alimenter en électricité la maison Tremelo ainsi que les bâtiments futurs. Une avancée qui changera beaucoup la vie au Centre Damien ! 

Suivez au jour le jour la mission d’Energies sans Frontières !

Samedi 12 décembre : inauguration et remerciements officiels

Lundi 30 novembre : Relevés, plans, recommandations et test la nuit ! Mission accomplie ! Un grand merci à l’équipe d’Energies sans Frontières pour son professionnalisme,  sa capacité d’adaptation,  son sens de l’écoute, sa simplicité et sa bonne humeur !

« Merci les Mickeys » comme dirait Daniel !

Samedi 28 novembre : Et la lumière fut !

Vendredi 27 novembre : les 18 panneaux sont posés, les boitiers en cours. Demain nous devrions avoir l’électricité solaire !

Jeudi 26 novembre : système solaire lié à la pompe installé !

Aujourd’hui, les rails pour l’installation des panneaux solaires ont tous été fixés… au centimètre près ! Les 18 panneaux seront tous posés demain.

Les tranchées pour faire passer les câbles des futurs bâtiments à proximité de la maison Tremelo, qui seront reliés aux batteries de l’installation solaire, sont elles quasiment terminées.

Par ailleurs, une commande solaire a été mise en place pour la pompe du forage. Pour faire simple : un petit panneau solaire commande le démarrage de la pompe ; selon l’ensoleillement, la pompe peut être réglée pour que  les réservoirs soient remplis en permanence… Quel confort que d’avoir l’eau courante !

Nous avons également eu la visite de Mgr Adjou, évêque de N’Dali, impressionné par le lieu !

Mercredi 25 novembre : les premiers panneaux solaires sont posés et les câbles tirés !

 

 

Mardi 24 novembre : pose d’un flotteur et d’une alimentation solaire pour la pompe au niveau du château et réalisation d’un prototype pour la pose des panneaux solaires

Tandis que les deux « chefs » sont partis à Lomé (Togo) récupérer du matériel sur un autre chantier, chacun s’affaire à sa mission respective : courses à Cotonou pour l’achat de câbles supplémentaires, réalisation d’une tranchée pour éclairer le portail, la paillote et poser des bornes ultérieurement, réalisation d’un prototype pour fixer les panneaux solaires sur le toit. Le principe : retirer délicatement une tuile, fixer le prototype, remettre la tuile, puis fixer le panneau solaire !

Ce temps de préparation s’avère indispensable pour bien penser les besoins et les solutions, adaptées, à mettre en place.

A suivre !

Lundi 23 novembre : les panneaux solaires sont arrivés !

Dimanche 22 novembre : prise de mesures et préparation du chantier… Cette journée, encore off, a été l’occasion de préciser les derniers détails de la mission. Demain, rendez-vous à 8 h au Centre Damien pour la réception de conteneur !

 

Samedi 21 novembre : première visite au Centre Damien

RP_CDM_ESFDeux membres de l’équipe, Daniel et Jacques, avaient déjà visité le Centre Damien en avril 2014. La maison Tremelo était alors en état de chantier, le château d’eau n’avait pas encore été construit. Ils redécouvrent les lieux, tandis que le reste de l’équipe prend possession du chantier. En bons techniciens, ils se dirigent rapidement vers le château d’eau, la pompe, le groupe électrogène, le magasin qui abritera les batteries, observent la toiture, prennent des mesures, échangent des informations techniques… Tout va bien ! Il nous reste plus qu’à attendre le conteneur, qui arrivera demain soir avec le matériel.

Merci à Daniel, Jacques, Michelle, Mylène, Gérald, Jean-Pierre, Eric et Kevin pour leur investissement. Tous ont déjà participé à des missions aux quatre coins du monde. Rien ne semble les arrêter pour apporter l’électricité à ceux qui en ont besoin !

 

 

 

Agonsoudja, 9 novembre 2015

Alors que la petite saison des pluies fait enfin son apparition…

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Côté travaux, on avance : le deuxième côté latéral est quasiment terminé. Reste plus que la dernière ligne droite, soit 178 m pour clôturer nos 3 hectares restants. Nous devrions pouvoir trinquer à l’occasion du nouvel an pour cette clôture ! S’en suivra un travail de défrichage, essouchage, puis de plantation pour mettre en oeuvre l’espace d’agroforesterie.
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Côté plantes, nous luttons contre un fléau : les criquets ! Criquets qui viennent littéralement et systématiquement manger les toutes nouvelles feuilles des arbres. Mais nous sommes sur la bonne voie. Avec la pluie, les fleurs et les arbres reprennent vigueur et couleurs. C’est magnifique à la lumière du soleil. Imaginer les enfants courir dans cet espace donne du coeur à l’ouvrage !

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D’ici deux semaines, nous accueillerons l’équipe d’Energies sans frontières pour l’installation de panneaux solaires… Nouvelle étape, et non des moindres ! A suivre !

 

 

 

À la rencontre d’Agonsoudja

L’été 2015 a vu une nouvelle étape s’accomplir. Quatre membres de l’association Centre Damien, accompagnés par le Père Hervé, ont eu la joie d’habiter les lieux, en s’installant dans la maison Tremelo. Ce fut l’occasion de rencontrer la communauté chrétienne d’Agonsoudja et de mieux comprendre l’environnement du Centre Damien.

 

La chapelle d’Agonsoudja

Le Centre Damien se situe sur la paroisse d’Agonmey, un bourg de 3000 âmes à quelques kilomètres du village. La chapelle d’Agonsoudja constitue une station de la paroisse, c’est-à-dire qu’elle reçoit la visite régulière du curé d’Agonmey, mais qu’aucun prêtre n’y vit. Elle est dédiée à Sainte Véronique Giuliani, une mystique italienne du 17ème siècle.

Surprise pour nous à notre premier rendez-vous : la bâtisse se révèle être très sommaire ; une structure en bois, très bancale, sur laquelle on a placé un toit en tôle et quelques feuilles de palmier. On y voit à travers et on se demande comment elle tient debout, surtout sous la pluie tropicale, une expérience que nous aurons l’occasion de vivre ! Mais comme nous l’a rappelé le P. Hervé lors de son homélie, « Dieu a planté sa tente parmi nous ». La simplicité de cette chapelle nous rappelle que l’Eglise existe d’abord par la solidité de sa communauté. L’accueil des paroissiens nous réchauffe le cœur ; la présence parmi nous du P. Hervé, qui célèbrera plusieurs messes pendant le séjour, les réjouit beaucoup. Même en semaine, les célébrations sont très suivies.

Les catholiques ne sont pas seuls à Agonsoudja, et les communautés religieuses semblent cohabiter sereinement. Ainsi, nous croisons sur notre chemin une petite mosquée bien entretenue. Les chrétiens sont majoritaires dans la région, et se répartissent entre catholiques, évangélistes, et « chrétiens célestes », une secte répandue au Bénin.

Au fil de notre séjour, nous avons organisé des temps d’échange avec les membres de la communauté, ce qui nous a permis de mieux comprendre les problématiques de la zone. Le village d’Agonsoudja est en mutation. En effet, Cotonou étant devenue une zone très enclavée avec une pression foncière importante, beaucoup de familles se déplacent désormais vers la zone de Glo, vers le Nord, afin de trouver des terrains à acheter. Des jeunes plus instruits s’y installent et côtoient une population rurale, si bien que l’on peut parler d’une rencontre des cultures. Cette zone constitue également le grenier de Cotonou et du Bénin. Ananas, maïs, patates douces, manioc, tomates, haricots, arachide y sont cultivés en abondance.

La région d’Agonsoudja sera donc amenée à se développer. Ce contexte rend la situation du Centre Damien intéressante : nous sommes au service des plus pauvres, dans une région dynamique et en plein essor économique.

Ceci étant dit, le quotidien à Agonsoudja est encore bien difficile pour ses habitants. Le village n’est pas relié à l’électricité ni à l’eau courante, la route est en terre battue, et les services publics inexistants.

Ainsi le village d’Agonsoudja voit cohabiter deux populations :

  • une population Aïzo, native de la région, composée de cultivateurs ;
  • une population dite « d’acquéreurs », qui correspond à des familles en général fon, issues de Cotonou. Les premières familles sont arrivées il y a une quinzaine d’années. Aujourd’hui, cette population est devenue majoritaire.

Ces deux populations cohabitent bien, même si des tensions peuvent parfois exister. Les Aïzo ont plutôt tendance à se renfermer sur eux-mêmes pour se protéger de l’arrivée d’une culture qu’ils ne comprennent pas toujours très bien, tandis que les « acquéreurs », venus de Cotonou plus cosmopolite, recherchent l’ouverture et le développement local.

Aux alentours du Centre Damien

La rencontre avec les enfants

Mercredi 5 août 2015 : première rencontre. A la fois intimidés et curieux, d’un côté comme de l’autre, nous avons pris le temps de nous observer, de nous saluer, puis de dire et redire nos prénoms… La messe d’ouverture a permis de nouer un lien. Nous ne sommes désormais plus des « Yovos », mais bien Estelle, Donatienne, Claire, Domitille, Serge, Hervé…

Trois fois par semaine, nous nous sommes rendus sur la paroisse. Nous étions divisés en trois groupes : un avec les enfants, un autre avec les ados, un troisième avec les adultes. Au fil des jours, les enfants nous ont parlé de leur quotidien, des longues journées de vacances (4 mois entre mai et septembre) et de l’ennui qui s’insinue inexorablement à l’âge où l’on a soif d’apprendre. En effet, en dehors de l’école et de quelques semaines de cours de vacances matinaux en août, il n’existe pas d’activités pour eux. La situation est plus difficile à vivre pour les adolescents des familles acquéreurs arrivées depuis 4 ou 5 ans, qui ont vu leur niveau de vie « baisser ». Arrivants de la ville, ils ont suivi leurs parents un village sans électricité et sans eau courante. Pour certains, il leur faut parfois marcher maintenant une heure pour aller à l’école ou au collège.

→ Témoignage de Claire sur la rencontre avec les adolescents

Ce que nous en retenons

Notre séjour nous a permis d’approfondir nos liens avec le village et la paroisse catholique d’Agonsoudja, de rencontrer les enfants et les adultes qui y vivent au quotidien. Le Centre Damien aura une action qui s’étendra au diocèse de Cotonou, mais il est important que nous nous insérions dans un tissu local, et que nous établissions des relations de confiance avec ceux qui vivent à proximité immédiate. Jouer et parler avec les jeunes, à de nombreuses reprises pendant ces trois semaines, ont été autant d’occasion de réaliser à quel point ils ont besoin qu’on leur propose des activités qui aient du sens et qui les tirent vers le haut. Nous rentrons en France avec confiance, tout en mesurant qu’il nous reste encore bien des étapes à franchir avant d’atteindre le but que nous nous sommes fixés ; quel projet passionnant !

Donatienne

Rencontre avec les enfants

Quelques portraits d’enfants et scènes de vie

Sur la route de l’école

Transformée !

CDM_2015_Aout_Tremelo_71Pendant huit mois, Aliette s’est préparée à partir au Bénin avec le groupe de Réseau Picpus. Huit mois pour vivre au mieux l’expérience une fois sur place. Elle nous partage ses impressions, sa découverte du Centre Damien, et au-delà, ce que cette aventure a été pour elle.

Pendant un mois, tu as assuré avec les autres membres du groupe Réseau Picpus l’animation d’un centre de loisirs sur la paroisse Bakhita, à Calavi. Qu’est-ce qui t’a surprise dans les activités avec les enfants et les animateurs ?
J’ai d’abord été très surprise par la simplicité et l’ingéniosité des enfants. A partir de rien, ils arrivent à faire des choses supers ! Nous leur avions, par exemple, donné des rosaces à réaliser. Ils avaient simplement à leur disposition des feuilles de canson, des crayons de couleur et des crayons de papier. Pas de règles, ni compas. Malgré cela, ils ont trouvé plein d’astuces pour réaliser des choses magnifiques !
J’ai été aussi impressionnée par l’enthousiasme naturel des enfants. Ils sont toujours hyper motivés pour tout, même s’ils ne connaissent pas l’activité au départ. Ils ne respectent pas forcément toutes les règles, mais ils sont tellement contents de pouvoir participer que c’est génial de leur proposer des activités.
Du côté de l’équipe d’animation, nous avons eu de supers animateurs béninois. Lorsque nous sommes arrivés, nous leur avons présenté tout ce que nous avions préparé pendant l’année. Ils ont réussi à s’approprier notre trame et à faire eux-mêmes des propositions. Cela nous a amené à faire des concessions, comme cette chorégraphie qu’ils ont complètement remaniée à leur façon. Mais chacun amenait sa part, c’était vraiment enrichissant. Une après-midi, ils ont aussi décidé de nous faire découvrir le Bénin à travers des danses, les différences de cultures entre le Nord et le Sud. Notre travail ensemble a été vraiment un bel échange.
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Y-a-t-il un épisode ou une rencontre qui t’a particulièrement marquée au cours de ton séjour ?
J’ai été très touchée par notre visite à Lokpo, un village sur l’eau, le village le plus reculé qu’on ait visité. J’ai été très touchée par l’accueil, l’attention et cette envie de créer un échange avec nous qu’ont manifesté les enfants. Lorsque nous sommes arrivés, nous avons eu un beau comité d’accueil avec des danses traditionnelles. Les enfants nous ont ensuite accompagnés à la messe. En sortant de celle-ci, ils se sont mis en ronde pour jouer : ils nous attiraient, voulaient qu’on danse avec eux. Ils nous ensuite fait visiter leur village, continuant à nous tenir par la main et nous accompagner en chantant. Jusqu’à notre départ, ils ont été avec nous. Lorsque nous avons repris la pirogue, ils se sont mis à courir sur la berge pour nous faire « coucou » le plus longtemps possible !
On ne parlait pas la même langue, on ne se comprenait pas et pourtant nous réussissions à communiquer par des sourires, des rires et des regards. C’était très beau.
CDM_2015_Aout_CUltures_-34Pendant plusieurs mois, tu as entendu parler du Centre Damien… Quelle a été ton impression lorsque tu es arrivée au Centre Damien pour la première fois ?
Avant d’arriver au Centre Damien, nous avons été à la messe dans le village d’Agonsoudja. Cela nous a permis de rencontrer les personnes qui bénéficieront du Centre Damien. C’était déjà une première prise de conscience. J’étais impatiente, excitée  de voir enfin ce lieu dont on entend parler depuis 8 mois et pour lequel on a fait des recherches de fonds ! Cela prenait encore plus de sens. J’avais vu quelques photos, mais je n’avais pas cherché à m’imaginer comment cela pouvait être. Je voulais garder une part de mystère pour être encore plus contente de le découvrir.
J’ai apprécié de découvrir le château d’eau, la paillote, de voir la maison « Tremelo » au début, puis à la fin du séjour (puisqu’elle a changé entre temps), de voir les plantations, les arbres que chacun a planté et les trois hectares qui vont être construits… tous ces aspects du Centre Damien dont nous avons tant entendu parler. Maintenant, cela me permet de mieux imaginer le Centre Damien dans l’avenir. D’ailleurs, depuis que je suis rentrée, j’ai le sentiment d’être plus investie dans le projet. Je comprends vraiment aujourd’hui l’importance du Centre Damien et ses enjeux.
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De quoi rêves-tu pour le Centre Damien ?
J’ai hâte que le Centre Damien prenne vraiment vie, que les enfants puissent enfin bénéficier de ce lieu, qu’ils puissent s’épanouir, grandir, se divertir. Par mon séjour, j’ai pris conscience de l’importance de son action et de tous les fruits qu’il portera. J’ai hâte que tout cela se mette en place, que des coopérants partent pour être présents sur place, que le Centre Damien fasse ce pour quoi il est destiné.
Que retiens-tu de cette expérience ?

Je retiens tout d’abord de la joie. Je souriais et rigolais tout le temps. J’étais dans l’instant présent. J’avais vraiment envie de profiter de tous les instants et de faire les choses à fond.

J’étais partie avec le désir de sortir de moi-même, en me disant que j’allais faire des choses que je n’avais pas l’habitude de faire. En animant la bibliothèque le matin et en organisant les activités l’après-midi, j’ai beaucoup appris sur la culture béninoise, mais aussi sur moi et mes capacités. J’ai trouvé très enrichissant d’être avec les autres membres du groupe : j’ai pu prendre exemple sur leurs expériences, ils ont pu me donner des conseils. A travers la vie de groupe, on apprend vraiment des uns et des autres.

Cette expérience a également été très enrichissante spirituellement. La foi rythme les journées des Béninois. Il y avait sur la paroisse la messe plusieurs fois par jour, des temps d’adoration, des conférences, des chapelets organisés. On sentait que pour eux, la vie d’église est très importante. A travers les enfants et les échanges, j’ai vu l’oeuvre de Dieu. Notre messe quotidienne, le matin, avec le groupe, a aussi été importante pour moi. Elle me portait pour la journée, me permettait de l’aborder et la voir différemment. Elle nous replaçait dans l’essentiel de notre mission et du projet.

Finalement, trois semaines c’est court. On pourrait être un peu frustré de se dire : ça s’arrête là. Alors que, au contraire, j’ai plutôt l’impression d’avoir commencé quelque chose ! Le fait que le projet continue à travers les groupes qui vont partir, à travers ceux qui vont vivre sur place, à travers l’action de l’association Centre Damien de Molokaï, donne des perspectives. C’est bien de pouvoir se dire que ce n’est pas terminé.

Et une chose est sûre, je reviens transformée de ce voyage !

 Propos recueillis par Domitille